Témoignages
Thomas van Cauwelaert,
Sales manager Southern Europe, NetEconomy
« 80 % de la fraude est d’origine interne »
Quelles sont les attentes des banques et assurances pour gérer la fraude interne et la lutte anti-blanchiment (LAB) ?
Elles n’ont guère de latitude en ce qui concerne la LAB qui est normée par des obligations réglementaires ; en revanche la lutte contre la fraude interne relève d’une problématique de baisse des coûts internes, et dégage donc un retour sur investissement, souvent significatif : pour un euro d’investissement, nous avons pu mesurer des ROI s’élevant jusqu’à huit euros.
Que représente la fraude interne dans les établissements financiers ?
80 % de la fraude qui touche la banque est d’origine interne et l’exposition à la fraude d’une banque de détail de taille moyenne représente plusieurs millions d’euros par mois, voire plusieurs de dizaines de millions pour une grande banque de dépôt.
Quelle solution innovante proposez-vous pour identifier des actes de blanchiment ou la fraude ?
Notre technologie élaborée avec les solutions Microsoft est d’abord statistique : nous étudions, pour chaque établissement, un historique d’un an de flux de transactions pour déterminer des comportements de référence de clients ou de salariés. Cela permet d’identifier, a contrario, les comportements anormaux : un client qui commence à avoir un rapport à l’argent liquide qui diverge par rapport à son groupe de pairs ; un salarié qui travaille la nuit… Autant de phénomènes qui génèrent des alertes. Ces comportements sont alors confrontés à des scénarios préétablis de fraude ou de blanchiment, pour s’assurer que nous sommes bien en présence de criminalité financière et pas seulement d’une transaction un peu inhabituelle… Il est également possible de construire des systèmes de protection des victimes potentielles. Celles-ci se retrouvent souvent au sein des mêmes populations : les comptes dormants, les comptes de personnes âgées, ou au contraire ceux qui enregistrent de très nombreux mouvements. Il est aisé de les identifier et de mettre en place des systèmes d’alerte.
Sur quels critères peuvent se définir des comportements normaux ou anormaux ?
En écho aux événements récents, le fait de normer les heures d’activité, les dates de vacances, l’utilisation des mots de passe, est systématique. Une attention particulière est portée aux nouveaux salariés, aux collaborateurs haut placés car la fraude est souvent issue de ceux qui ont un grand pouvoir dans l’organisation ; les consultations fréquentes de comptes à fort encours, le fait de les consulter à certaines heures de la journée, que plusieurs personnes consultent les mêmes comptes sont d’autres critères pour débusquer d’éventuelles fraudes, individuelles ou collectives.
Disposez-vous toujours de suffisamment de données ?
C’est une des difficultés de la mise en place de ce genre de solutions : avoir un historique suffisant, donc pouvoir accéder à la bonne volumétrie de données, propres et historisées pour les charger dans nos solutions.
pour en savoir plus
La stratégie de hub d’ING
NetEconomy travaille avec de nombreux établissements financiers (Dexia, AGF, AXA, SEB, Calyon, NAtionwide, Credit suisse…), dont ING dans 23 pays en matière de lutte anti-blanchiment, avec une approche particulière en hub : les centres de gestion de la lutte anti-blanchiment sont organisés en plateformes continentales et non pas par pays, pour autant que les réglementations nationales permettent de sortir les données bancaires du pays, ce qui n’est pas le cas partout. En France, la CNIL interdit de transmettre des données personnelles, notamment le nom des personnes concernées, mais l’ensemble de la gestion quotidienne peut être anonymisé pour être géré de façon centralisée. L’intérêt pour ING est de regrouper ses cellules conformité pour générer des économies de coûts ; organiser une meilleure communication des bonnes pratiques en matière de LAB ; mutualiser l’organisation des chantiers en amont de récupération et de vérification de la qualité des données.
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