Innovations finance
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« SEPA : les commerçants attendent des propositions de leur banque »
Jean-Marc Mosconi / Délégué Général de Mercatel*
lundi, 14 janvier 2008
/ Charlotte Poupon

Que représente pour vous la mise en œuvre du SEPA ? Rappelons que tous les acteurs économiques de la banque, du commerce, de l’industrie, ainsi que les consommateurs, ont admis que le SEPA était une bonne chose : c’est la continuité de l’euro du fiduciaire au scriptural, un moyen de faciliter les échanges financiers au sein d’une même communauté ; à terme, la mise en œuvre d’un marché unique de 31 pays et de plus de 300 millions de consommateurs. Le commerce français ne peut rester indifférent à cette évolution. Il passe d’un monde franco-français très encadré à un environnement ouvert et fortement concurrentiel. Cela représente un gisement d’opportunités. Il est vain de cultiver des craintes alors que l’on est déjà dans une mondialisation de l’économie.

Vous vous êtes impliqué dans différents groupes de travail à propose de SEPA. Qu’en attendez-vous ? Le commerce couvre un large éventail d’entreprises, de la plus petite aux multinationales, or toutes doivent pouvoir être impliquées par un calendrier cohérent. Mercatel en sa qualité de représentant de ce secteur, participe aux travaux du Comité national du SEPA (encadré ci-dessous), dans les différents groupes de travail avec une attention particulière pour celui consacré à la « migration ». Nous avons également un groupe de travail au niveau du commerce européen pour harmoniser les principes communs du secteur, sans oublier les réunions régulières dans le cadre de Mercatel. Au sein de Mercatel, nous avons élaboré un « guide », qui aborde le SEPA, non pas sur un plan institutionnel ou technique, mais à partir des fonctions des entreprises. Son objectif est de répondre à une des difficultés que rencontre le SEPA dans notre pays : il ne mobilise pas les foules ! C’est un vrai problème. Avec ce guide, nous tentons d’interpeller les chefs d’entreprises, l’encadrement, pour leur expliquer à quel niveau ils sont impliqués, pourquoi et comment ils peuvent s’approprier ce sujet en interne. Il reste un énorme effort d’information et de pédagogie à faire car le SEPA ne doit pas rester un dossier d’experts…

Qu’attendez-vous de vos partenaires bancaires ? Ils doivent utiliser les nouveaux moyens développés grâce au SEPA pour en faire bénéficier leurs clients. La concurrence sera désormais plus ouverte : en plus des offres bancaires plus nombreuses, le SEPA permettra à de nouveaux opérateurs d’offrir des services innovants. Les commerçants français font déjà l’objet de l’attention des banques anglo-saxonnes, et ils attendent des propositions de leur banque qui tardent un peu. Les commerçants souhaitent que celle-ci ne soit pas qu’un partenaire financier, mais aussi un prestataire de services de flux qui ait des solutions souples, paramétrables selon les entreprises, un vrai service à valeur ajoutée. A ce titre, il serait utile d’anticiper les besoins des clients… Enfin et surtout, le SEPA aura tout son sens lorsqu’il sera associé à des évolutions fortes, comme les réseaux IP, le sans-contact avec le mobile…et qui introduisent une dimension marketing nouvelle, en particulier pour le paiement électronique.

Le Comité national SEPA

Le Comité national SEPA vise à coordonner la mise en œuvre des moyens de paiement paneuropéens en France. Il réunit des représentants des banques et des utilisateurs : administrations, entreprises, commerçants, particuliers. Il est co-présidé par la Banque de France et la FBF.

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